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Actualité · 4 novembre 2026 · 11 min

Gel des mutuelles censuré : pouvez-vous encore contester ?

Le 23 octobre 2026, le Conseil constitutionnel a censuré le gel des cotisations. Taxe de 2,05 % en 2027, recours, hausse de 8,3 % : ce qu'il reste à faire.

Réponse rapide

Le gel des cotisations de mutuelle pour 2026 n'existe plus. Par sa décision n° 2026-1230/1231 QPC du 23 octobre 2026, le Conseil constitutionnel a jugé contraire à la Constitution la règle qui interdisait toute hausse par rapport à 2025. La censure s'applique depuis sa publication au Journal officiel du 24 octobre, y compris aux litiges en cours. Vous ne pouvez donc plus exiger le retour au tarif 2025 sur ce fondement. Votre vrai levier pour 2027 reste la résiliation à tout moment après un an de contrat.

Mis à jour le 4 novembre 2026 — Équipe MutuelleFacile

Le gel des tarifs des complémentaires santé était une interdiction, inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, d'augmenter les cotisations d'assurance maladie complémentaire en 2026 par rapport à 2025. Il accompagnait une contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les cotisations perçues par les mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance. Saisi par la Mutualité française et France Assureurs, le Conseil constitutionnel l'a censuré le vendredi 23 octobre 2026, le même jour où l'Assemblée nationale rejetait en première lecture le budget de la Sécurité sociale pour 2027.

Ce double événement change la donne pour votre avis d'échéance 2027 : la taxe de 2,05 % est reconduite dans le projet du gouvernement, mais sans gel cette fois, alors que les actuaires d'Addactis anticipent une hausse médiane de 8,3 % des contrats individuels en 2027 (prévision publiée le 21 septembre 2026). Voici ce que vous pouvez encore contester, ce qui est perdu, et comment chiffrer votre propre hausse.

En résumé

  • 23 octobre 2026 : le gel des cotisations 2026 est déclaré contraire à la Constitution (atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle).
  • Effet immédiat : aucune date de report, la censure vaut pour toutes les affaires non jugées définitivement au 24 octobre 2026.
  • Taxe de 2,05 % : non concernée par la décision, et reconduite pour 2027 à l'article 12 du projet de loi de financement (rendement estimé à 1,1 Md€), texte encore en discussion.
  • PLFSS 2027 : rejeté par l'Assemblée le 23 octobre (115 voix contre, 1 pour) ; le Sénat l'examine à partir du 9 novembre 2026 dans la version du gouvernement.
  • Exemple chiffré : un contrat à 80 €/mois en 2025 peut atteindre environ 90,50 €/mois en 2027, soit près de 170 € de plus sur deux ans.

Qu'a décidé le Conseil constitutionnel le 23 octobre 2026 ?

La disposition visée tenait en une phrase, à l'article 13 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : pour l'année 2026, le montant des cotisations d'assurance maladie complémentaire ne pouvait pas être augmenté par rapport à celui de 2025. Le Conseil d'État avait transmis la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel en juillet 2026, à la demande des fédérations de complémentaires.

Le raisonnement du Conseil tient en trois temps. Il reconnaît d'abord un objectif d'intérêt général : empêcher que les organismes répercutent sur leurs assurés la contribution exceptionnelle qu'ils doivent payer pour 2026. Il relève ensuite que le gel interdisait toute augmentation, quelle qu'en soit la cause, y compris la hausse naturelle du coût des soins. Il en conclut que la mesure porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle.

« Pour l'année 2026, le montant de ces cotisations ne peut être augmenté par rapport à celui applicable pour l'année 2025. »

— Phrase censurée, article 13 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025

Deux points de la décision pèsent directement sur vous. D'abord, le Conseil n'a prévu aucun report : l'abrogation prend effet à la publication de la décision, au Journal officiel du 24 octobre 2026. Ensuite, elle s'applique à toutes les instances non jugées définitivement à cette date. Autrement dit, un assuré qui avait engagé une procédure en invoquant le gel ne peut plus s'en prévaloir, même si sa demande était déposée avant le 23 octobre.

La contribution de 2,05 %, elle, n'était pas contestée dans cette affaire : elle reste due par les organismes pour 2026. C'est tout le paradoxe relevé par les associations de consommateurs : la taxe demeure, la protection qui l'accompagnait disparaît.

Pouvez-vous encore contester votre hausse de mutuelle 2026 ?

Sur le fondement du gel, non. Mais le gel n'était pas le seul outil, et votre situation dépend de ce que vous avez déjà fait. Le tableau ci-dessous résume les cas les plus fréquents.

Votre situation au 24 octobre 2026Ce que change la décisionCe qui vous reste
Vous avez payé une hausse 2026 sans rien contesterPlus aucune base pour demander le remboursement au titre du gelVérifier que la hausse respecte la clause de révision de votre contrat et qu'elle vous a été notifiée à temps
Réclamation écrite ou saisine du médiateur en cours, fondée sur le gelL'argument du gel tombe, la censure s'applique aux dossiers non tranchésMaintenir la réclamation seulement si elle repose aussi sur un autre motif (tarif non conforme au contrat, information absente)
Action en justice engagée, non jugée définitivementLe juge ne peut plus appliquer la disposition censuréeFaire le point avec votre conseil sur les autres moyens ; un désistement peut limiter les frais
Décision de justice définitive rendue avant le 24 octobreLa décision du Conseil ne remet pas en cause ce qui est définitivement jugéRien à faire, ce qui a été obtenu est acquis
Contrat collectif d'entrepriseLa hausse 2026 négociée par l'employeur n'est plus contestable au titre du gelInterroger le CSE sur la renégociation du contrat 2027

Ce tableau est une grille de lecture générale, pas un avis juridique : la décision ne se prononce pas expressément sur les sommes déjà versées. Si votre litige porte un enjeu important, faites-vous conseiller.

Si vous aviez suivi nos conseils du printemps pour contester une hausse de mutuelle 2026 au nom du gel, retenez ceci : la réclamation n'a plus d'appui légal, mais la résiliation reste possible. Un contrat individuel souscrit depuis plus d'un an se résilie à tout moment, sans frais ni justificatif, avec un préavis d'un mois.

La taxe de 2,05 % revient-elle en 2027 ?

Le gouvernement le propose. L'article 12 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 (projet n° 3211, déposé le 1er octobre 2026) proroge d'un an la contribution exceptionnelle de 2,05 %, pour un rendement évalué à environ 1,1 milliard d'euros. Ce n'est à ce stade qu'un projet, pas une règle en vigueur.

Le parcours du texte est chaotique. En commission des affaires sociales, les députés ont supprimé la reconduction de la taxe. Puis, le 23 octobre 2026, l'Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du projet (scrutin n° 9097 : 115 voix contre, 1 pour, 22 abstentions), ce qui vaut rejet de l'ensemble du texte en première lecture. Conséquence mécanique : le Sénat reçoit la version initiale du gouvernement, article 12 compris, et l'examine en séance à partir du 9 novembre 2026. Une commission mixte paritaire doit suivre en novembre.

DateÉtape du PLFSS 2027Effet pour les complémentaires
1er octobre 2026Dépôt du projet à l'AssembléeArticle 12 : taxe de 2,05 % reconduite en 2027
Mi-octobre 2026Commission des affaires socialesLes députés suppriment la reconduction de la taxe
23 octobre 2026Rejet du texte en séance à l'AssembléeLes modifications des députés tombent
À partir du 9 novembre 2026Examen au Sénat sur le texte du gouvernementArticle 12 de nouveau en discussion
Novembre-décembre 2026Commission mixte paritaire, puis lecture définitive si besoinTexte final connu seulement à l'issue de la navette

Point capital : le projet du gouvernement ne prévoit pas de nouveau gel des cotisations pour 2027. Le Conseil constitutionnel vient d'ailleurs de fixer la limite : un gel total, sans tenir compte de l'évolution du coût des soins, ne passe pas. Une éventuelle mesure de modération devrait être plus ciblée. Le gouvernement évoque notamment, au conditionnel, des contrats à tarif plafonné selon l'âge, assortis d'un avantage fiscal ; aucune disposition chiffrée n'est connue à ce jour.

Combien va vraiment coûter votre mutuelle en 2027 ?

Les prévisions publiées convergent vers une nouvelle hausse forte. Selon le cabinet d'actuariat Addactis, la hausse médiane atteindrait 8,3 % sur les contrats individuels et 8 % sur les contrats collectifs en 2027 ; Facts & Figures table sur 7 % en moyenne en individuel (prévisions du 21 septembre 2026). Nous détaillons les causes de cette hausse dans notre article sur la hausse des mutuelles 2027 à +8,3 %.

Ce que les comparateurs calculent rarement, c'est l'effet cumulé 2026 + 2027 pour un assuré dont la mutuelle a augmenté malgré le gel. Nous prenons ici une hypothèse de hausse de 4,5 % en 2026, ordre de grandeur des hausses moyennes rapportées dans la presse, puis la médiane Addactis de 8,3 % en 2027. Ce sont des hypothèses : votre hausse réelle dépend de votre contrat et de votre tranche d'âge.

Profil (hypothèses)Cotisation 20252026 (+4,5 %)2027 (+8,3 %)Surcoût cumulé sur 2 ans
Actif seul, formule moyenne80 €/mois (960 €/an)83,60 €/mois (1 003 €/an)90,54 €/mois (1 086 €/an)+170 € (43 € en 2026 + 126 € en 2027)
Couple de retraités250 €/mois (3 000 €/an)261,25 €/mois (3 135 €/an)282,93 €/mois (3 395 €/an)+530 € (135 € en 2026 + 395 € en 2027)

Dans ce calcul, la part théorique de la taxe de 2,05 % si elle était intégralement répercutée représente environ 22 € par an pour le premier profil et 70 € par an pour le couple de retraités en 2027. C'est une part minoritaire de la hausse : l'essentiel vient de l'évolution des dépenses de santé, des transferts de charges de l'Assurance maladie vers les complémentaires au 1er janvier 2027 et de la fiscalité existante. À titre de repère, la DREES indique que les complémentaires n'ont reversé que 79 % des cotisations en prestations en 2024 (rapport 2025).

Pour calculer votre propre cas : multipliez votre cotisation 2025 par 1,045 puis par 1,083, ou mieux, remplacez ces coefficients par les hausses réellement notifiées par votre organisme.

Votre avis d'échéance 2027 dépasse ce calcul ? Comparez des formules équivalentes avant d'accepter la hausse, en 2 minutes.

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Que faire avant de recevoir votre avis d'échéance 2027 ?

La censure du gel ne vous laisse pas sans prise. Elle déplace simplement le rapport de force : ce n'est plus la loi qui bloque les tarifs, c'est votre capacité à partir qui pèse sur eux.

  1. Retrouvez votre cotisation 2025 et 2026 sur vos échéanciers : c'est la base de votre calcul et de toute négociation.
  2. Lisez la clause de révision tarifaire de votre contrat ou des statuts de votre mutuelle : modalités, délai d'information, critères (âge, indice).
  3. Comparez à garanties équivalentes dès réception du nouveau tarif, en vérifiant les postes que vous utilisez vraiment (optique, dentaire, hospitalisation).
  4. Résiliez si l'écart est important : après un an de contrat, la résiliation infra-annuelle prend effet un mois après la notification, et le nouvel organisme peut s'en charger pour vous.
  5. Vérifiez la Complémentaire santé solidaire si vos revenus sont modestes : elle est gratuite jusqu'à 10 421 € de ressources annuelles pour une personne seule en métropole (plafond au 1er avril 2026).

Pour la méthode pas à pas, consultez notre guide pour changer de mutuelle santé sans frais et notre point sur le plafond de la C2S en 2026. Si la hausse vous met en difficulté de paiement, lisez ce que vous risquez en cas de cotisation de mutuelle impayée avant de laisser passer une échéance. Pour le calendrier de résiliation vu sous l'angle de la négociation, JeRenegocie.com explique quand résilier sa mutuelle avant la hausse 2027.

Questions fréquentes

Le gel des tarifs de mutuelle 2026 est-il toujours valable ?

Non. Le Conseil constitutionnel l'a déclaré contraire à la Constitution le 23 octobre 2026 (décision n° 2026-1230/1231 QPC). L'abrogation vaut depuis la publication au Journal officiel du 24 octobre 2026, sans report, et s'applique aux litiges non encore jugés définitivement.

Ma mutuelle doit-elle me rembourser la hausse 2026 ?

Pas au titre du gel, qui n'a plus de base légale. Une réclamation reste envisageable seulement si la hausse ne respecte pas votre contrat, par exemple une clause de révision non appliquée ou une information tardive. Les hausses déjà payées sans contestation sont, en pratique, acquises.

La taxe de 2,05 % sur les mutuelles est-elle supprimée ?

Non. La décision du 23 octobre ne porte que sur le gel. La contribution reste due pour 2026, et le projet de loi de financement pour 2027 propose de la reconduire un an (article 12). Ce projet, rejeté par l'Assemblée le 23 octobre, est examiné au Sénat à partir du 9 novembre 2026.

Y aura-t-il un nouveau gel des cotisations en 2027 ?

Le projet du gouvernement n'en prévoit pas. Après la censure, un gel total des cotisations serait juridiquement fragile. Le gouvernement évoque des contrats à tarif plafonné selon l'âge, mais sans texte chiffré à ce jour. Le contenu final ne sera connu qu'à la fin de la navette parlementaire.

Puis-je résilier ma mutuelle à cause de la hausse 2027 ?

Oui, si votre contrat individuel a plus d'un an : la résiliation est possible à tout moment, sans frais ni motif, avec un mois de préavis. Pour un contrat d'entreprise obligatoire, la résiliation individuelle n'est pas possible ; c'est l'employeur qui renégocie le contrat collectif.

Sources

Article rédigé par l'Équipe MutuelleFacile. Le PLFSS 2027 est un projet en cours de discussion : les mesures citées ne sont pas en vigueur et peuvent être modifiées par le Parlement. Les calculs de la section 4 reposent sur des hypothèses de hausse explicitement indiquées. Cet article ne constitue pas un conseil juridique.

Sources